Le Burundi, premier pays à quitter la CPI – Le respect se mérite

Le Burundi, premier pays à quitter la CPI – Le respect se mérite

  politique Par Kanyarugendo Léonidas

Descendant du Statut de Rome, la Cour Pénale Internationale (CPI) est officiellement créée 1er juillet 2002, avec pour mission juger les accusés de génocides, de crimes contre l’humanité, de crimes d’agression et de guerre.

Ayant suivi son carnet de charges, la CPI aurait été une juridiction tant longtemps souhaitée sur notre planète, ce qui ne fut malheureusement pas le cas. La chute progressive de la crédibilité de cette supposée sans égale ne tardera pas à atteindre son seuil critique.

Selon la CPI, dès sa création jusqu’aujourd’hui, malgré les douloureuses nouvelles relayées sans cesse de différents coins du monde, le monde fut calme sauf en Afrique où de crimes se commettent du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est.

Curieusement, le Tiers-Monde se rend vite compte que la CPI constitue un miroir aux alouettes tendu par l’Europe «civilisatrice», soucieuse de garder à tout prix une main mise sur le continent africain. Pour y arriver, plusieurs mécanismes dont celui de la Cour Pénale Internationale sont mis en place l’un après l’autre.

Ainsi tout leader africain se retrouve obligé de, soit servir convenablement le peuple et risquer de passer le reste de sa vie à La Haye, soit servir l’occident et trahir son peuple. Aucun des deux choix ne satisfit le peuple Burundais et sans doute non plus généralement les pays en voie de développement.

  • Mais que faire face à cet afro-centrisme de la CPI ?
  • Introduire un troisième choix.
  • Lequel et comment ça se passerait-il ?
  • Le troisième choix est déjà là : Le Burundi a donné une leçon gratuite, on n’a qu’à suivre.

 

Ce 27 octobre, les burundais dans tous les coins de la planète bénissaient les quatre points cardinaux d’où convergeaient les nouvelles euphorisantes étiquetées du h-tag #Burundi out (of ICC). Rappelons cependant que jusqu’ici, aucun Burundais ne fit objet de la poursuite judiciaire de la CPI. On comprend par là que la sortie du Burundi de la CPI, n’est pas une fuite mais une décision logique et légitime d’un pays souverain, fondée sur l’incapacité fragrante de cette cour de s’imposer comme apolitique et impartiale.

La CPI face à ses contradictions.

Quoique tard soit-il, la CPI n’entend pas s’arrêter par là ! Le 9 novembre, à deux semaines après que le Burundi soit sorti de cette cour, la CPI présenta au monde une surprise pour le Burundi, parue comme une pièce de théâtre : le gouvernement du Burundi n’en ayant jamais jusque-là été notifié, le procureur de la CPI affirme avoir obtenu dès le 25 octobre», soit deux jours avant le retrait effectif, une autorisation «exceptionnellement tenue secrète et placée sous scellés » d’ouvrir une enquête sur les crimes commis au Burundi.

Une contradiction se fait vite remarquer. Le 28 octobre le porte-parole de la CPI, commentant le retrait du Burundi du statut de Rome, avait déclaré à TV5 MONDE : « actuellement il n’y a pas d’enquête, il y a un examen préliminaire qui a été lancé à partir de avril 2016 par le procureur de la CPI, et au moment voulu elle va annoncer les résultats de cet examen préliminaire, c’est-à-dire si oui ou non elle considère qu’il y a lieu à ouvrir une enquête.»
Aujourd’hui le même porte-parole se contredit, témoignant que l’enquête a été ouverte le 25 octobre.
L’examen préliminaire évoqué le 28 octobre n’ayant pas encore donné ses résultats, il est difficile de deviner sur base de quoi la décision dite «du 25 octobre», ignorée jusqu’au 9 novembre, serait fondée. De telles décisions ne font que prouver que la CPI soit une juridiction politisée et téléguidée de l’extérieur.

Comme pour la majorité des pays en voie de développement, le Burundi est encore en processus de relever les défis économiques, sociaux, culturels et autres, lui infligés par la colonisation et/ou par une série d’ingérences extérieures des puissances néocolonialistes dans la gestion de ses affaires internes.
Au cas où l’Afrique se tient debout, l’aboutissement de ce processus mettra sans doute à terme l’ingérence étrangère sur le continent ce qui sera loin de porter plaisir à la métropole. Ainsi, tout leader africain engagé dans ce processus constitue une menace aux intérêts occidentaux et, youpi !!!, il ya du boulot à la CPI.

 
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