LA DÉMOGRAPHIE-UN AUTRE COMBAT A GAGNER

LA DÉMOGRAPHIE-UN AUTRE COMBAT A GAGNER

  OPINION, Société Par CITEGETSE  Désiré
“Uravyara benshi umpe kamwe”, “Urasubirayo nta mahwa ariyo” etc.,beaucoup d’adages et de formules de félicitations burundais font sentir notre amour pour les enfants et si on ajoute “umwana n’umuhezagiro utangwa n’Imana” ce qui n’est pas totalement faux, tout devient clair. Il faut tendre à avoir plus de bénédiction possible.
Ça aurait été impeccable si les enfants naissaient avec quelques km2 de terre ! Malheureusement ce n’est pas le cas.

La population mondiale en générale ne cesse pas d’augmenter. Mais en particulier, la population du Burundi ces dernières années augmente exponentiellement (d’environ 8 millions en 2008 à environ 12M en 2018 soit 4 millions d’habitants en 10 ans).

Actuellement le Burundi compte une population de 11 759 805 hab. sur une superficie de 27 834 km² soit une densité de 422,50 hab./km2. Cette dernière serait de 458 hab./km2 en 2020 selon les estimations de l’ONU. Pour bien comprendre cela vaudrait dire que chaque habitant vivrait dans un carré de 46 m de côté !

Pour une économie   principalement rurale, basée essentiellement sur l’agriculture et l’élevage, une telle augmentation de la population aboutira inévitablement à une catastrophe si rien n’est fait pour empêcher la situation d’empirer.

Les dangers d’une telle croissance démographique ?

La population du Burundi ne cesse pas d’augmenter, pourtant sa superficie ne change pas. Compte tenu de la répartition de la population et de la gestion des terres (ménages éparpillés sur des collines, des subdivisions et démembrements de la propriété), Il y a un risque que l’augmentation continue de la population entraîne une pression foncière.

Chaque adulte, doit construire son « urugo », une maison et un enclos, ce qui réduit systématiquement la superficie des terres cultivables. L’économie étant basée sur l’agriculture, qui par ailleurs reste archaïque (à la houe, individuelle), la carence des terres cultivables pourrait entraîner inévitablement la chute de l’économie, la détérioration des conditions de vie, dont les conséquences ne pourront qu’être néfastes ! « Munda harara inzara hakazinduka inzigo »

La création des emplois, quelque efficace qu’elle ne soit, ne saurait pas en créer aux allures de l’augmentation de la population ce qui aura comme conséquences l’augmentation du taux de chômages avec tous les inconvénients qui en découlent : la délinquance, vulnérabilité de la jeunesse face à la manipulation politique etc.

Ces conséquences et d’autres entraîneront l’effondrement du système sécuritaire, sociales, économiques et politique du pays, l’effondrement du pays en tant que tel.

Les principales causes de la croissance démographique

La cause principale du baby-boom burundais est l’incompréhension par la majorité de la population burundaise des conséquences de la surpopulation. Depuis l’époque ou avoir beaucoup d’enfants était signe de sécurité familiale, les mentalités de la masse paysanne burundaise n’ont pas bougé d’un millimètre!
Même le peu qui comprend la menace que présente la surpopulation n’a pas d’accompagnement, d’éclaircissement et de formation pour bien choisir le moyen d’y arriver ! On peut citer le planning familial qui n’est pas sérieusement suivi.
Les enseignements de la plupart des églises contre les moyens de contraception constituent aussi un problème majeur. Il y a un manque d’idéologie concernant la démographie, l’esquisse qu’il y a « kuvyara abo ushoboye kurera » est malheureusement flou et peut être interprétée de différentes manières, ce qui est favorisé par l’absence d’une certaine définition des responsabilités des parents devant leurs progénitures ! Certains pensent que si les enfants parviennent à manger ça suffit, d’autres pensent qu’il faut quand même les scolariser, en l’absence d’une certaine régulation, chacun fait sa propre interprétation.

Certaines solutions possibles

D’une part les solutions ou les tentatives de résolution de ces problèmes devraient être dirigées contre ses causes, d’autre part des mesures de prophylaxie contre les susceptibles conséquences s’avèrent nécessaires.

Premièrement, un programme de sensibilisation de la population des conséquences de la surpopulation devrait être mis sur place ainsi que tous les moyens possibles pour le diffuser : des émissions et publicités sur les radios et télévisions, les publicités dans les places publiques, à travers différents jeux, à travers les enseignements dans des églises, par des jeux cultures. Il faudrait aussi mettre en place un système de suivi de l’avancement et des résultats de ladite sensibilisation.

La définition par lois des responsabilités des parents envers la progéniture aiderait les générations futures à prendre conscience de leurs devoirs (l’éducation, les soins et la scolarisation de leurs enfants,..). L’enfant n’est pas seulement une bénédiction mais aussi une responsabilité et rompre avec certaines traditions comme « impene yavyaye muci iti ahanje ndahejeje hasigaye aho umwungere »

La promotion de l’éducation sexuelle aux jeunes devrait être une priorité. Des experts dans le domaine de la psychologie des comportements fixeraient l’âge minimum auquel l’éducation sexuelle serait appropriée et les meilleurs moyens de le faire.

La promotion des moyens de contraception : l’explication à la population de ses avantages, de ses méthodes d’utilisation, le suivi de famille utilisant ces moyens dans les centres de santé ou hôpitaux lèveraient les peurs des mythes selon lesquels la contraception serait dangereuse ou ineffective.

Les églises devraient prendre conscience des conséquences de leurs enseignements sur la démographie et les adapter à l’idéologie mise en place par les instances adaptées, le Burundi étant un Etat laïc.

Une telle lutte mènerait à une prise de conscience et un changement progressif de mentalité et à la longue à une diminution du taux d’accroissement naturel, donc de la vitesse d’augmentation de la population.

Néanmoins cette prise de conscience prendrait un temps alors que la population continue d’augmenter ! C’est pourquoi d’autres mesures dirigées contre les conséquences de la surpopulation devraient être prises dans les meilleurs délais, entre autres la réforme agricole, sa mécanisation et la diversification de l’économie (l’industrialisation) [(lire ici)]est une nécessité absolue qui devraient être fait dans les courtes jambes, car l’économie du pays ne peut plus dépendre de l’agriculture et l’élevage dans leur état actuel.

Le rassemblement de la population dans des villages, aideraient à libérer les terres cultivables déjà morcelées de façon à rendre une activité agricole économiquement valable impossible ! Cependant ce rassemblement  est un plan délicat qui nécessiterait des études ultérieures par des instances habilitées.

L’autre conséquence de la surpopulation est l’agrandissement incontrôlé des villes qui occupent de plus en plus d’espaces réduisant à nulles les espaces vertes à l’intérieur et s’accaparant petit à petit des terres cultivables des alentours.
Favoriser les constructions en hauteur dans les quartiers naissants devrait être une prérogative. En outre la révision par l’urbanisme des plans de la capitale et d’autres villes de l’intérieur sont nécessaires. La possibilité de reconstruction des quartiers mal construits serait d’une importance capitale. Alors les anciennes constructions seraient démolies et remplacées par des nouvelles tout en favorisant la construction en hauteur et le système des blocs (appartements)

En conclusion, le problème démographique au Burundi constitue un danger majeur. Bien que sa résolution semble difficile, elle est encore possible. Tout citoyen burundais conscient, guidé par le gouvernement devrait déjà s’y mettre avant que ça ne soit tard ! Sinon « tuzokwibuka kubogora twasheshe ».

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de son auteur.

3 Comments

Nsabiyaremye J Nepomscene

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la croissance demographique est une question pertinente dans notre pays. il faut que nous les demographes fassent un reforme afin de flanchir le pas des autres pays. la jeunesse que nous sommes, sommes les premiers qui devraient lutter pour un dividende demographique ici 2030.

 

Sylvain

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Je vous felicite de votre analyse instructive

 

J Pierre

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Votre analyse est correcte je soutiens la réforme agricole, sa mécanisation et la diversification de l’économie (l’industrialisation) soit la création d’emplois, en plus, il faut encourager les jeunes et tout autre Burundais qui se lance dans l’innovation, mettre en place un fonds pour soutenir les jeunes entrepreneurs car GATO KARAKURA.

 

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