Comment pouvons-nous améliorer le dynamisme de l’économie burundaise?

Comment pouvons-nous améliorer le dynamisme de l’économie burundaise?

  economie, OPINION Par NDIHOKUBWAYO Benjamin
Le Burundi, après de décennies de crise socio-politique et économique, a enfin eu l’occasion de s’occuper de son économie stagnante, après avoir établi les institutions politiques fiables et le garant de la sécurité dans le pays. En effet, c’est ça les axes moteurs pour le développement durable. Pour réduire la pauvreté, il faut trouver les moyens d’augmenter les revenus de la population. Que peuvent faire les pouvoirs publics pour favoriser cette hausse ? Plus précisément, comment pouvons-nous améliorer le dynamisme de l’économie burundaise, des échanges et de l’agriculture pour que cette dernière contribue davantage à la lutte contre la pauvreté ? Après débat sur ce sujet au sein des membres de la section Russie, Ndihokubwayo Benjamin a produit le présent article pour donner certaines suggestions.

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I. Développement du secteur agricole et de l’élevage au Burundi


1.Augmentation de la productivité et résilience aux changements climatiques

Le développement de l’agriculture est l’un des leviers les plus puissants sur lequel il faut agir pour lutter contre la pauvreté, pour enfin nourrir les douze millions de la population burundaise. Et d’ailleurs l’apport de l’agriculture et de l’élevage a des effets plus efficaces sur l’augmentation du niveau de vie, du revenu des populations les plus démunies étant donné que plus de 90% de notre population vit de l’agriculture.

Une mise en place d’un programme de rassemblement de la population dans des villages pour avoir de grandes étendues de terres cultivables, éviter la monoculture, faire la cartographie du pays pour mieux connaitre les régions propices à tel ou tel autre type de culture. Le haricot, le maïs, le manioc, le riz, le soja, le café, le thé et autres constituent des produits agricoles de base au Burundi.

Préconisation des moyens de résilience aux changements climatiques, regroupement des agriculteurs au sein des associations pour éviter les morcellements des champs cultivables, renforcer un esprit de compétitivité entre agriculteurs/éleveurs, le contrôle strict des programmes élaborés par l’Etat pour se rassurer de leur mise en place nous fera aboutir à l’augmentation du rendement agricole.

2.Machinisme Agricole, irrigation, et abandon de politique de jachère Agricole

La modernisation de l’agriculture inclut à la fois l’introduction de nouveaux intrants — tels que les engrais et les pesticides, de nouvelles semences et souvent le développement du machinisme agricole et la promotion du progrès technique fondé sur les nouvelles connaissances scientifiques. L’abandon de la politique de la jachère et son remplacement par des cultures fourragères vont permettre d’accroitre simultanément la production de céréales et les productions animales et végétales 

L’irrigation Agricole et artificielle est une opération humaine qui consiste à amener de l’eau supplémentaire à des cultures en cas de manque ou d’insuffisance d’eau d’origine naturelle (pluie ou nappe phréatique) dans des régions arides ou au climat très sec ; pour des cultures qui demandent plus d’eau qu’elles ne peuvent en trouver sur place (pomme de terre, légumes, quelques céréales,) afin d’augmenter les rendements. L’irrigation améliore les rendements des champs cultivables par l’apport de l’eau nécessaire à une forte croissance. L’irrigation peut se faire avec de l’eau usagée qui a été traitée pour être utilisée sur des terres agricoles.

Les techniques et mécanismes d’irrigation sont notamment :

Irrigation par aspersion qui utilise de l’eau circulant dans des canalisations enterrées. Elle sort vers des tuyaux mobiles qui la distribuent aux cultures via des systèmes d’aspersion. L’irrigation par aspersion imite une pluie fine.

Irrigation par écoulement de surface aussi appelée irrigation gravitaire, consiste à distribuer l’eau par le biais de canaux et de rigoles sous l’effet de la gravité. Les canaux distribuent l’eau à des canaux secondaires jusqu’aux parcelles. Mais comme tout le dispositif est à ciel ouvert, beaucoup d’eau est perdue par absorption du sol et évaporation.

Les changements climatiques comme la sécheresse vont être pariés et les pluies abondantes et inondations vont couler vers ces tuyaux de canalisations, mais aussi l’aménagement des rivières, marais n’est pas à négliger

Culture de choux

Pour les produits d’exportations comme le café, le thé ça doit y être un programme d’Etat de promotion de culture, encourager les agriculteurs, les micro-finances et les banques de crédit agricole.

Ces produits doivent être attribués une certaine attention, la modernisation de leur culture sur de très vastes étendues. Ce domaine engage aussi le secteur privé et l’Etat reste le responsable ultime qui fait le suivi de leurs entreprises ou projets pour que la caféiculture burundaise reste toujours compétitive au niveau mondial et établir des prix pour ne pas : « prendre le grain des pauvres pour nourrir la vache des riches » (Terres des Hommes, Frères des Hommes, 1981).

Le décalage entre l’évolution extrêmement rapide de la consommation et les possibilités de la transformation concomitante de la production, tel est le défi qui reste à relever notamment dans les usines de production. L’exportation excessive provoque un déficit vivrier alors que les aliments de base devraient d’abord suffire à l’intérieur du pays.

Les phénomènes de pénurie alimentaire et la hausse des prix sur les aliments de base sont dû soit à l’exportation excessive des produits alimentaires disponibles soit parce que les produits d’exportations seraient en concurrence avec des produits vivriers pour avoir accès aux ressources rares, la terre, le crédit, les devises, Des mesures doivent être prises pour mettre fin à ce handicap nutritionnel et garder toujours le modèle production-consommation.

Caféiculture au Brésil

3.Promotion du développement de l’industrie agro-alimentaire

Pour la sécurité alimentaire – création des industries agro-alimentaire et de hangars de stockage des aliments au niveau national ou même communal en cas d’urgence sociale ou calamités naturelles, la politique des prix et des subventions alimentaires ainsi que des programmes d’Etat de la lutte contre la malnutrition épargneront le Burundi de la dépendance d’aumône occidentale.

La diversification du régime alimentaire, l’abaissement du coût réel des produits vivriers, la viande et d’autre produits animaux comme le lait va se réaliser grâce à une utilisation accrue des grains excédentaires dans l’alimentation animale.

Développement de l’industrie agro-alimentaire– reste un secteur industriel prioritaire, qui doit transformer les produits agricoles non seulement pour la consommation mais aussi pour exportation et création d’emplois. C’est un soutien précieux à la balance commerciale vu qu’il transforme les produits issus de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Dans les pays développés comme la France, la Suisse, les Etats-Unis ce secteur économique comprend les transformateurs de produits de grande consommation tels que Nestlé, Danone, Savencia Fromage and Dairy, United Biscuits….

Au Burundi, nous avons la possibilité de faire: la transformation et la conservation de la viande et la préparation de produits à base de viande , la transformation et la conservation de poisson, de crustacés , la transformation et la conservation de fruits et légumesː ,la fabrication d’huiles et graisses végétales et animales ,la fabrication de produits laitiers ,la fabrication de produits de boulangerie-pâtisserie et de pâtes alimentaires ,la fabrication d’aliments pour animaux ,la fabrication de boissonsː…

II. Développement du secteur minier

1.Atouts et défi du secteur minier au Burundi

Le Burundi regorge de nombreuses matières premières minérales comme le nickel, cuivre, cobalt, l’or, les terres rares, contrairement à ce qu’on nous faisait croire pendant des décennies. Il est très probable qu’il y aurait d’autres matières non encore exploitées comme le pétrole dans le lac Tanganyika, le méthane dans la Rusizi…qu’il faudrait continuer à faire des études de recherche. Le Burundi possède un potentiel majeur dans le secteur minier.

Cependant, Il y a encore des défis à relever auquel fait face ce secteur, notamment le manque d’électricité suffisante pour l’exploitation étant donné que le total de la puissance énergétique dans le pays ne dépasse 29,258MW (https://energypedia.info/wiki/Hydropower_in_Burundi).Le manque des moyens d’exploitation et de nos propres exploiteurs qualifiés freinent aussi le développement.

Néanmoins, grâce à la demande croissante en cuivre, cobalt liée à l’innovation des voitures électriques, le Burundi devrait tirer son épingle du jeu. Dans un contexte économique fluctuant, le continent africain en général et le Burundi en particulier fait face à un défi énorme : réussir à profiter, et à faire profiter sa population, de ses immenses richesses minières. Car le secteur minier africain est en fait mené par de nombreuses entreprises étrangères, chinoises et britanniques, américaines, russes…qui prennent le produit brut, le transforment chez eux et les revendent à l’Afrique à un prix fou.

2.Une législation plus rentable pour le pays

Au Burundi le vent est en train de tourner. Depuis 2005, les dirigeants burundais ont mis en place une « nouvelle vision minière », procurant au pays plus de richesses et de développement. Progressivement, les dirigeants ont élaboré des législations pour que les ressources naturelles ne soient pas seulement à la merci des opérateurs miniers occidentaux.

C’est ainsi que le 27 mars 2015, le Burundi signa un contrat d’exploitation avec l’un des opérateurs miniers burundais Rainbow rare earths sur les gisements des terres rares de Gakara suivant
le code minier du 15 octobre 2013 .
Les clauses de ce contrat sont tout à fait profitables pour le pays en général et pour le développement rural en particulier ayant inclus des dispositions de création de Société Mixte d’Exploitation Minière(SMEM). D’autres opérateurs tels que Tantalum Mining Company(TAMINCO) pour le coltan et la cassitérite a Kabarore et Murehe ; la société Burundi Mining Metallurgy International pour le nickel à Musongati ainsi que Tanganyika Mining Burundi de l’or à Cimba ont été octroyés des permis d’exploitation. Cependant les recettes totales issues des activités du secteur minier, la transparence et le suivi, la lutte stricte contre la corruption, la fraude et l’exploitation illégale des ressources minières doivent de primo être pris en considération et avec toute rigueur pour être bénéfique à tout citoyen burundais.

 Développement du secteur énergétique-au Burundi comme partout dans le monde, le développement économique rapide exige une demande croissante d’énergie. Les principales ressources énergétiques primaires au Burundi peuvent être les énergies renouvelables : hydroélectrique, éolienne, énergie solaire. Comme indiqué ci-haut la puissance énergétique totale varie autour de 29,258MW (https://energypedia.info/wiki/Hydropower_in_Burundi).

Les pays développés comme les USA depuis 1952 disposaient déjà des centrales nucléaires, l’Union Soviétique en 1954.Ils possèdent d’autres ressources énergétiques non renouvelables : énergie fossile (gaz naturel, charbon, pétrole).

L’énergie est essentielle au bon fonctionnement de l’activité économique, puisque toute transformation de matière première, tout travail et tout mouvement requièrent de l’énergie. Les activités économiques telles que les productions industrielles, les transports, l’utilisation d’appareils électriques divers, sont consommatrices d’énergie ; l’efficacité énergétique, la dépendance énergétique, la sécurité énergétique et le prix de l’énergie sont des préoccupations majeures. S’asseoir sur une table ronde avec les bailleurs de fonds pour la construction au moins d’une autre centrale hydraulique comme l’avaient fait le Gabon, Mali, Angola…quand ils commençaient à développer ce secteur apporterait au pays un avantage.

3.Transfert de technologies et de connaissances techniques

 La formule de l’aide internationale n’est pas viable. Elle n’offre qu’un palliatif dérisoire et ne fait que nous rendre chroniquement dépendants de cette aumône (Haguha ifi umuntu womwiza kuyirobera). Un afflux massif des entreprises étrangères permettra d’augmenter l’investissement brut dans les usines, dans les biens d’équipement, le logement, les routes et autres services publics. Un rythme aussi soutenu de l’investissement nouveau entraînera une expansion rapide de la capacité de production dans tous les secteurs de l’économie.

Trois piliers moteurs :

-Importations massives de techniques étrangères,

-expansion accélérée du secteur non agricole,

-développement intensif de l’investissement,

Font l’axe du développement durable ; et vont conduire à un mouvement d’exode de la main-d’œuvre des zones rurales en direction des régions urbaines industrielles où la productivité est plus grande. En outre, même les paysans demeurés dans leurs villages vont s’employer à temps partiel ou à plein temps dans les nouvelles usines du voisinage. Pour ce faire, nous devons créer un environnement international favorable, ou dialoguer avec nos partenaires sur ce sujet de transfert de techniques scientifiques que ce soit en secteur minier ou en agriculture et élevage.

Le Burundi pourra développer sa capacité de production et améliorer l’efficacité de ses industries à un rythme soutenu, la demande s’élèvera très rapidement et il pourra trouver sur les marchés du monde riche les débouchés à ses exportations qui lui permettront en échange d’importer les biens dont il aura besoin. Car s’il est exact que l’expansion dépend des exportations, les exportations dépendent aussi de l’expansion.

4.Cadre législatif dans la facilitation d’implantation des entreprises

Une organisation à but non lucratif, autofinancée, au service des entreprises doit être mise en place; ça va aider les sociétés, entreprises, usines à chaque étape de leur projet jusqu’à l’implantation de leurs entreprises en toute sérénité .Cela pourra relever le défi qui s’observe quand l’octroi des permis de travail ,d’implantation d’entreprises, des pharmacies, des cliniques … peut dépasser même deux à trois ans alors que certains pays comme  en Nouvelle-Zélande, vous pouvez créer une société en une seule journée avec un minimum de paperasserie (deux jours en Australie).Au Panama et au Chili, la création d’activité implique six ou sept procédures et peut prendre moins de deux semaines. Au Portugal, le processus peut prendre aussi peu que cinq jours et impliquer aussi peu que cinq procédures, à Singapour et à Hong Kong, la création d’une entreprise implique trois procédures qui peuvent être complétées en trois jours.

 III. Développement du secteur de transport, désenclavement du Burundi

En vue de doter notre pays d’infrastructures routières de qualité et en nombre suffisant pour faciliter la mobilité de personnes et de leurs biens on doit opter pour un programme national d’infrastructures routières (Office Des Routes). L’adoption de ce programme national d’infrastructures pour la concrétisation de la vision de désenclavement, repose sur l’augmentation des ressources destinées à la construction de nouvelles pistes et méthodes d’intervention en amont et en aval. Sa mise en œuvre visera à doter notre pays d’infrastructures routières de qualité.

1.Transport ferroviaire des biens et des personnes

Un axe de chemin de fer reliant le Burundi avec la Tanzanie serait un atout très important pour le pays. Bien que très couteux, mais une fois construit ce transport ferroviaire désenclavera le pays et notre économie stagnante deviendra dynamique.

Le développement du transport ferroviaire de marchandises notamment le pétrole provenant de la Somalie mettra fin aux effets des pénuries chroniques d’essence. Une audacieuse tentative de trouver des bailleurs de fonds jouerait un rôle intégral dans le processus d’industrialisation, dans l’ouverture de nouveaux marchés et dans le rapprochement de régions auparavant éloignées.

Le développement d’un secteur de transport concurrentiel et dynamique en phase avec les chantiers structurants engagés et les grandes réformes entamées par notre pays, dans la perspective d’améliorer la compétitivité et la productivité de nos ressources minérales comme le Nickel de Musongati sont des activités pilotes non seulement pour combattre la pauvreté mais aussi pour devenir une puissance au rang des fortes économies mondiales.

Chemin de fer Canadien

2.Voie portuaire, modernisation et réhabilitation

Le transport maritime des marchandises revêt une importance cruciale dans le commerce extérieur. Le port de Bujumbura, qualifié de port polyvalent, accapare plus du tiers du trafic global. Celui de Rumonge ou de Kabonga s’est spécialisé dans le trafic des produits de la pêche. Mais il fallait ouvrir aussi les ports spécialisés dans le transport des passagers et de marchandises, des mines et des produits agroalimentaires. L’extension et la modernisation des infrastructures de ces ports (Bujumbura, Rumonge, Kabonga), ouverture de nouvelles voies portuaires, l’acquisition de nouveaux bateaux de transport de marchandises et de personnes facilitera les échanges commerciaux dans la sous-région (Tanzanie, Ouganda, RDC, Zambie,).

A l’intérieur du pays le transport routier, création des compagnies de transport de personnes et marchandises (engage aussi le secteur privé /gouvernemental) facilitera la circulation de biens. Par exemple, pour un simple agriculteur de fruits, légumes, un pêcheur qui n’a pas de tonnes des marchandises il est difficile de quitter le Nord du pays pour vendre ces biens dans la ville de Bujumbura.

La création des compagnies de taxi avec tarifs connus réglementés (comme l’a fait récemment Ecobank Burundi), et d’ailleurs ce sont ces taximen éparpillés qui devraient se regrouper dans des sociétés. Par un seul coup téléphonique à son domicile on pourra se déplacer plus vite au lieu de perdre des heures sur les bus-station ou pendant la nuit quand les bus publics ne travaillent plus. Les bus publics au standard international,ce qui peut d’ailleurs intéresser le secteur privé, dans le transport urbain constituent un moyen de transport moins cher.

Parking taxi yellow


 

Bus public de transport

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

7 Comments

Nsabimana Bernard

Reply

Message: Très interessant. Je vous demanderai d’etre plus proche de nos decideurs pour un coaching rapproché sûrement que nous sourtirons victorieux.

 

nyamweru placide

Reply

Message: très interessant.

 

NDAHABONIMANA Désiré

Reply

C’est un message vraiment qui est très intéressant.Donc je vous remercie infiniment pour cette étude approfondie que vous avez et que je souhaiterai de la prendre en considératio car ça va amener nos pays sur un pas de développm

 

    augustin

    Reply

    Merci pour votre appréciation.

     

Irakoze Naasson

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Message: Votre Paramétrage Nous A Aidé

 

Egide HANYURWUMUTIMA

Reply

I thank you for your initiatives but on the agricultural issues you have minimised the livestock like CTB objectives

In your presentaion you brought field photos but you didn’t bring an animal. So my suggestion like patriotic (50% agriculture and 50%livestock ) budget

Thank you so much for understanding my idea

 

Egide HANYURWUMUTIMA

Reply

I thank you for your initiatives but on the agricultural issues you have minimised the livestock like CTB objectives

In your presentaion you brought field photos but you didn’t bring an animal. So my suggestion like patriotic (50% agriculture and 50%livestock ) budget

Thank you so much for understanding my idea

 

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